Wendie Renard

Au cours de la Coupe de l’Algarve 2015, Women’s Soccer United s’est entretenu avec Wendie Renard, capitaine de l’équipe de France et de l’Olympique Lyonnais.

À 24 ans, la vie d’une footballeuse professionnelle ne fait que commencer. Telle est la norme, à ceci près que Wendie Renard est une joueuse hors norme. Intraitable dans les duels, souveraine de la tête et impeccable à la relance, la capitaine des Bleues totalise déjà 63 sélections et 16 buts marqués en équipe de France. Pas mal pour une défenseuse.

Avec son club formateur, l’Olympique Lyonnais, elle a remporté deux Ligues des champions, huit éditions consécutives de la Ligue 1 (série en cours) et quatre Coupes de France. Qui dit mieux?

À l’approche de la Coupe du Monde 2015 au Canada, pour laquelle la France s’est qualifiée après un parcours sans faute, Women’s Soccer United s’est entretenu en exclusivité avec celle que Patrice Lair, son entraîneur à Lyon de 2010 à 2014, tient pour “la meilleure défenseuse centrale en France, de très loin”.

Women’s Soccer United: La Coupe de l’Algarve est-elle une sorte de répétition générale pour la Coupe du Monde, qui débutera le 6 juin prochain au Canada?

Wendie Renard: Oui, c’est vrai que pour moi, c’est une mini-Coupe du Monde, d’autant plus que les meilleures nations sont présentes ici. C’est un moyen de répéter, d’enfiler les matches aussi, et de voir comment on se comporte avant ce Mondial.

WSU: Quand on regarde les équipes qui composaient votre groupe [NDR : Danemark, Japon et Portugal] dans cette Coupe de l’Algarve, on a le sentiment que c’est le Japon qui avait les moyens de vous poser le plus de problèmes…

Wendie Renard: Ça, c’est vous qui le dites. Le Danemark nous a éliminées au dernier EURO [NDR : à l’EURO 2013, le Danemark avait battu la France en quarts de finale, aux tirs au but]. C’est une équipe qui progresse. Il ne faut pas oublier le Portugal non plus, qui vient de battre la Suisse deux fois de suite récemment. Ce sont des nations à prendre évidemment au sérieux. Après, sur nos trois adversaires, c’est vrai que c’est le Japon qui est le mieux classé. C’est une très grande nation, qui a déjà gagné une Coupe du Monde, donc il est certain qu’il faut prendre cette équipe très au sérieux. Mais les autres aussi. On a l’habitude de ne pas manquer de respect à nos adversaires, donc nous nous sommes préparées de la même manière pour le Danemark que pour le Portugal ou le Japon [NDR : la France a battu le Portugal 1-0, le Danemark 4-1 et le Japon 3-1, avant de s’incliner en finale 0-2 face aux États-Unis].

WSU: Même si les écarts se réduisent à grande vitesse entre les différentes équipes nationales, vous avez survolé votre groupe dans les qualifications européennes pour la Coupe du Monde. De fait, beaucoup de gens vous voient déjà comme un candidat sérieux au titre mondial. Est-ce une impression que vous partagez?

Wendie Renard: Oui, c’est vrai qu’aujourd’hui, de par nos dernières prestations, les gens nous voient favorites pour ce Mondial. Forcément, l’équipe de France aura de l’ambition au Canada. Ces dernières années, nous avons souvent terminé à la quatrième place des grandes compétitions internationales. Nous avons envie de faire quelque chose pour changer ça, car ça fait très mal de finir à la quatrième place. Maintenant, il faut continuer à travailler comme on le fait, et rester humbles, car quand on regarde les nations qui ont remporté les différents titres, on est loin d’être favorites. Cela dit, il est certain que nous ferons tout pour aller le plus loin possible.

WSU: Revenons un instant sur le match amical contre les États-Unis, le 8 février dernier à Lorient [NDR : la France s’était imposée 2-0]. Quelle analyse faites-vous de cette victoire?

Wendie Renard: Nous avons préparé ce match le mieux possible, avec beaucoup d’application et de sérieux. Ça s’est vu sur le terrain. On a bien entamé notre match, on a réussi à poser notre jeu, à marquer des buts et aussi à ne pas en prendre, donc ça fait plaisir. Après, il faut aussi savourer cette performance, même si ça reste un match amical. C’est une performance qu’il faudra être capables de rééditer en Coupe du Monde si on venait à jouer les États-Unis.

WSU: Au Canada, qui est un pays francophone, vous attendez-vous à un soutien populaire important, ou bien est-ce la grande inconnue de ce côté-là?

Wendie Renard: Oui, on peut s’attendre à un soutien important à partir du moment où beaucoup de Français vivent au Canada. C’est un pays où les Français aiment bien vivre. Maintenant, si nous n’avons pas de soutien direct sur place, je sais qu’en France, on aura tout le pays derrière nous, et nos familles aussi. On fera tout en tout cas pour ne pas les décevoir, jouer notre meilleur jeu et aller le plus loin possible.

WSU: Les autres équipes de votre groupe à Canada 2015 sont l’Angleterre, la Colombie et le Mexique. Avez-vous commencé à vous pencher sur chacun de ces adversaires?

Wendie Renard: Pas encore, non, car nous sommes en plein tournoi. Mais le staff a déjà commencé à se pencher sur la question, car le Mondial est quand même le tournoi le plus important. Notre premier match est contre l’Angleterre, donc il faudra prendre rapidement des points. Maintenant, chaque chose en son temps. Pour l’instant, on est au tournoi de l’Algarve, mais la Coupe du Monde est dans un coin de nos têtes. On y pense chaque jour et ça arrivera très vite. Il est certain que le staff a déjà des infos sur ces nations-là et qu’il va nous les donner le moment venu.

WSU: Quand vous dites que la Coupe du Monde est dans un coin de vos têtes, cela me fait penser à la déclaration de Noël Le Graët [NDR : président de la Fédération française de football], qui disait récemment que les objectifs pour la Coupe du Monde n’avaient toujours pas été fixés. On veut bien le croire mais en même temps, au vu des performances des Bleues aussi bien dans les qualifications qu’à Lorient contre les États-Unis, on a du mal à croire que la France puisse viser moins qu’une place en finale, non?

Wendie Renard: Oui, d’autant plus que comme je vous l’ai dit, les trois dernières fois, nous avons terminé à la quatrième place. On n’a donc pas envie de connaître le même sort, donc on fera tout pour aller le plus loin possible. Quand on est compétitrice, le plus loin, c’est jouer la finale, et la gagner. Après, comme je l’ai dit, il faut garder une certaine humilité, bien travailler, et avancer étape par étape. Ça ne sert à rien de se voir en finale alors qu’on n’a pas passé la phase de poules, qu’on n’a pas passé les quarts, et ainsi de suite. C’est sûr que l’équipe de France aura de l’ambition, c’est sûr et certain, car finir quatrièmes, aucune d’entre nous n’a envie de revivre ça. Mais se dire qu’on va aller en finale et qu’on va la gagner, non, ce ne serait pas humble de notre part, même si on en rêve toutes.

WSU: D’autant plus que vous fêterez votre 25ème anniversaire quelques jours après la finale de la Coupe du Monde…

Wendie Renard: Oui, c’est sûr que ce serait beau. Si je venais à avoir ce merveilleux cadeau, je serais la plus heureuse du monde. Mais on n’en est pas encore là.

WSU: Merci Wendie.

Wendie Renard: Merci à vous.

 

Entretien réalisé par Christophe Huette en mars 2015

 

2 Comments
  1. Author
    Christophe Huette 5 years ago

    Merci Asa!!

  2. Asa 5 years ago

    Merci beaucoup Christophe grande interview

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